L’homme est à bout de souffle. Exténué, il sue à grosses gouttes, se reposant contre un mur, tapi dans l’ombre. Ses yeux sont en activité constante, scrutant les alentours sans relâche. Il guette on-ne-sait-quoi, la peur au ventre. Ses vêtements ne sont plus que des guenilles. Il est marqué de multiples blessures, souvent des plaies légères, mais aussi quelques traces de brûlures.
Un bruit soudain, une ombre passagère, il reprend sa course. Il s’enfonce dans un couloir, courant à toutes jambes, se retournant à de maintes reprises pour vérifier qu’on ne le suit pas. Arrivé à un embranchement, il bifurque, change de direction, et son visage s’illumine soudain. Au bout d’un nouveau couloir qui semble sans fin, une enseigne rouge clignotante l’attend. On peut y lire distinctement « sortie ». Il s’empresse d’y aller, court de plus belle pour l’atteindre.
Il arrive à mi-chemin lorsqu’une ombre le rattrape et le dépasse. Enivré par sa proche délivrance, il en avait oublié les précautions de base et n’avait plus regardé derrière lui. Se laissant tomber du plafond, deux créatures cauchemardesques lui font à présent face. Cuirasse d’un noir profond aux reflets métallisés, crâne allongé en arrière, griffes et queue fouettant l’air frénétiquement, une mâchoire qui en cachait une autre, dégoulinant de bave : deux aliens.
L’homme se laisse tomber à genoux, prit d’un étrange fou rire incontrôlable. Dans la seconde qui suit, les deux achériens se ruent sur lui, bataillant pour se partager cette maigre proie.